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| Années 1990 |
Années 1990zh-min-nan:1990 nî-tāi ko:1990년대 ja:1990年代 simple:1990s
Catégorie:Décennie
Évènements
- Chute de l'URSS, fin de la Guerre froide
- Guerre du Koweit, 1990-1991
- Guerre dans l'ex-Yougoslavie
- Guerre en Tchétchénie
Personnages significatifs
- Kurt Cobain
- François Mitterrand
- Jacques Chirac
- Helmut Kohl, Allemagne
- Bill Clinton
- Boris Ieltsine
- John Major
- Tony Blair
- Nelson Mandela
Inventions, Découvertes, Introductions
- World Wide Web
- Linux
- Clonage de la brebis Dolly le 5 juillet 1996 en Écosse
- Popularisation du téléphone portable (ou mobile)
- Découverte de la première exoplanète
Musique
Apparition du mouvement grunge, mené par des groupes tels que Nirvana, Soundgarden ou Pearl Jam
Popularisation des musiques électroniques, principalement de la house et de la techno
Création de la Makina en Espagne
Union des républiques socialistes soviétiquesL'Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических Республик), ou lUnion soviétique, ou URSS (СССР (prononcer "essessserre") en russe), était un État qui exista de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande.
Le territoire de l'URSS varia dans le temps, et était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques. La Russie était, de loin, la plus importante de ces républiques, tant du point de vue de sa surface que de sa population et est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique.
La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 1917, qui mit fin au règne du Tsar Nicolas II.
L'organisation politique du pays était définie par le seul parti autorisé, le Parti Communiste de l'Union Soviétique. Le capitalisme d'État fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.
Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie alliée à l'émergence de forces démocratiques et centripètes dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse.
Géographie de l'URSS
Durant son existence, l'URSS était sans doute le pays/empire le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée. C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 ethnies différentes présentes sur son territoire.
La population totale était estimée à 288 millions en 1990. L'Union soviétique était si étendue que, même après son effondrement, la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure le pays le plus étendu du monde (devant le Canada), et reste un pays très diversifié, avec des dizaines de minorités telles que les Tatares, les Oudmourtes et bien d'autres ethnies non russes.
Histoire de l'URSS
Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)
Dès le , la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. L'agitation politique culmine en 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.
Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, l'agitation continue. Les bolchéviques, parti révolutionnaire représentant les soviets et mené par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors de la Révolution d'octobre1917.
Pendant la période entre 1917 et 1922, l'empire se scinda en républiques "soviétiques" dont le principe de fonctionnement était le centralisme démocratique basé sur les soviets. L'organe législatif était le soviet suprême tandis que le pouvoir exécutif était entre les mains du bureau politique du parti bolchévique (le Politburo).
La plus importante des républiques, et celle qui se considérait comme l'héritière de l'empire, était la république socialiste soviétique de Russie, qui recouvrait le territoire actuel de la Russie et dont le politburo était formé par Lénine, Trotsky, Staline, Kamenev et Nikolai Krestinsky, Lénine en étant le véritable leader.
La jeune république bolchévique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice conclu en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).
Le pouvoir des bolchéviques était cependant fragile, et jusqu'en 1921, la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux fit rage, provoquant des millions de morts.
Le communisme de guerre (1918-1921)
Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
- Nationalisation des industries et du commerce
- Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
- Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
- Travail obligatoire des paysans
- Interdiction de l'entreprise privée
- Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
- Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture
Les éléments de la dictature se mettent aussi en place à cette époque :
- Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, les soldats subissent ensuite la conscription
- Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime et les "blancs" (partisans de la monarchie)
- Le parti communiste devient peu à peu parti unique
- La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
- La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument du pouvoir. Les partis communistes étrangers doivent être inféodés à Moscou et obéir aveuglément. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et la démission de Bela Kun mettent fin à ces espoirs.
Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté.
La police politique
La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée, pour prendre ensuite les noms de GPU (Guépéou), OGPU, MVD (Ministerstvo Vnutrennih Del), NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB (Komitet Gosudarstvennoi Bezopasnosti). La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.
La naissance d'une nation (1921-1924)
Naissance de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naît en 1922. Une constitution est rédigée en 1924 ; elle regroupe plusieurs républiques correspondant à un peuple. L'URSS était un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste contrôlent la défense, le commerce extérieur et les transports. Dans les faits la Tchéka et l'Armée Rouge surveillent étroitement ces républiques dont les présidents sont désignés par Moscou.
Le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays était théoriquement gouverné par des soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste (nomenklatura).
La plus haute autorité législative était le Soviet suprême. Le plus haut organe exécutif était le Politburo.
Après la guerre civile (1921) et les nationalisations, le pays se trouve dans une situation humaine et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts) et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décide alors d'abandonner les nationalisations dans l'agriculture, et met en œuvre la NEP ou Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé.
Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes.
La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des résultats désastreux de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.
La NEP était généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchévique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée.
Il semble que Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, mais à l'approche de sa succession, les oppositions au sujet de la NEP cristallisèrent les oppositions au sein du politburo.
La succession de Lénine (1922-1929)
Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline (que Lénine n'appréciait pas et redoutait même) et Trotsky (un "vieux de la vieille") notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé. Il fut assassiné par un agent stalinien au Mexique en 1940.
Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire.
Collectivisation et Planification économiques (A partir de 1929)
Abandon de la NEP
Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres.
En définitive, la "richesse" des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.
À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.
Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolhozien un lopin de terre.
Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés. Leurs biens sont confisqués.
Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.
L'industrialisation de l'URSS
La Russie du début du XX siècle était encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure.
Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :
- quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour
- sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison
- utilisation de la main d'œuvre gratuite des prisonniers des goulags. Ils construisent des barrages (sur le Dniepr), des canaux (entre la mer Baltique et la mer Blanche ; canal Moscou-Volga ; canal Volga-Don). Les villes de Vorkouta, Norilsk, Komsomolsk, Bratsk, Balkhach et Magadan sont construites par les détenus.
- création de combinats industriels en Ukraine, dans l'Oural et en Sibérie.
- sanctions contre les mauvais ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences.
Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, combinée à la diminution de la productivité agricole, provoqua de nouvelles famines. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle d'acier avait triplé.
Bilan de la politique économique en 1939
En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait été différente.
la dictature de Staline (1929-1953)
Staline mît en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre une véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples") et la répression, s'appuyant notamment sur Le NKVD, police politique toute-puissante.
Selon certaines estimations, entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes contre-révolutionnaires; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation.
L'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich.
Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériels des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres.
Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerre
Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union Soviétique suivant le 17. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci envahit la Finlande le 30 novembre. La campagne fut difficile, mais par une paix signée à Moscou le 12 mars 1940, l'URSS obtenait l'annexion de la Carélie. Suite au déclenchement de cette guerre, l'URSS avait été expulsée de la Société des Nations le 14 décembre 1939.
Le 22 juin 1941, l'Allemagne rompt le pacte de non-agression et attaque l'Union Soviétique.
L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 officiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge.
Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque.
Le tournant de la guerre
Le tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commença à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai.
L'impact et les suites de la guerre
L'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théâtre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été virtuellement annihilées.
Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lithuaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie.
Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam.
L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui sont dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide
L'après guerre
Depuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appellera la Guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés.
L'URSS avait réuni, dans tout l'est de l'Europe, un ensemble de pays satellites (Tchécoslovaquie, République démocratique allemande, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ces pays étaient regroupés au sein du Pacte de Varsovie. Les États-Unis avaient formé, avec l'Europe de l'Ouest, l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN).
Outre l'Europe, l'URSS et les États-Unis s'opposaient, souvent par "mouvements de libération" interposés, dans divers endroits du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique.
La succession de Staline (Khrouchtchev)
Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrêté en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relâcha quelque peu le carcan qui enserrait les libertés publiques.
Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20 congrès du Parti Communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période.
L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédents.
La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 Hongrois et 7 000 soldats de l'Armée rouge perdirent la vie, tandis que près de 250 000 Hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union Soviétique et au communisme, un premier choc sérieux.
Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier Ministre le 27 mars 1958.
La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercition pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée.
Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962.
En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Tereshkova la première femme.
Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964.
Suite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l’État.
Sous Brejnev, le régime soviétique se durcit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles.
Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée rouge, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise.
Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki).
En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d’armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980.
En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n’était plus que fantomatique et il mourut en novembre.
L'interrègne, Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empire
Après la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), deux vieillards dans la droite ligne de Brejnev, Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti.
Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise.
Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin.
Se débarrasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes.
Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Ieltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Ieltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes.
Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise.
En novembre 1991, le Président Russe Boris Ieltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI).
Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Ieltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute.
La Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie.
Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union Européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé.
Les nationalités en URSS
I. Introduction
Peuplement : surtout à l'ouest (Europe) et au sud (Asie centrale). L'énorme espace de la Sibérie (13 millions de km2) est peu peuplé (25 millions d'habitants), mais présente un intérêt stratégique et économique considérable. Son peuplement est récent (20è siècle) et il est lié au système de camps de travaux forcés (appelé "Goulag"). Il s'agit d'un peuplement essentiellement slave le long de l'axe de chemin de fer du transsibérien.
Système fédéral soviétique
On a longtemps confondu "Russes" et "Soviétiques" (comme on confond souvent "Anglais" et "Britanniques", sans égards pour les Irlandais et les Ecossais). Les événements de ces dernières années ont contribué à dissiper cette confusion : les Russes n'étaient qu'une des nombreuses nationalités qui peuplaient l'URSS. Un "Soviétique" était un citoyen de l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques )
1° organes centraux
LEGISLATIF : L'Union possédait un parlement : le Soviet
suprême, composé de deux chambres élues au suffrage universel :
a) le Soviet des nationalités : chaque RSS (voir définitions plus loin) envoie 32 députés; chaque Région autonome 5 députés, et chaque District autonome 1 député)
EXECUTIF : le président contrôle le conseil des ministres
dirigé par le premier ministre.
En URSS, les institutions de l'Etat étaient soumises au contrôle étroit du "Parti", c'est-à-dire le Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS). Ce contrôle était inscrit dans la Constitution soviétique.
2° Organisation fédérale
a) L'URSS était composée de quinze REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES, en abrégé : RSS correpondant aux quinze nationalités les plus importantes. La plus importante de ces quinze républiques, tant par la taille que par le nombre d'habitants était la République socialiste fédérative soviétique de Russie, en abrégé : RSFSR.
b) Cette division n'est en fait pas suffisante pour rendre compte de la complexité du système : a l'intérieur des RSS on a découpé :
- 20 REPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIETIQUES AUTONOMES ou RSSA (16 en
RSFSR, 1 en Ouzbekistan, 2 en Géorgie, 1 en Azerbaïdjan) : il convient de ne pas les oublier : des conflits ethniques à ce niveau se sont produits (exemple : la RSSA d'Ossétie du sud en Géorgie)
- 8 REGIONS AUTONOMES
- 10 DISTRICTS AUTONOMES (tous en RSFSR)
Ce découpage était fait suivant des critères de nombre d'habitants.
3° Problématique des nationalités
- l'examen des cartes montre que ce système formait une véritable mosaïque, très fragile.
- il existait des tensions entre les Russes et les autres nationalités qui craignaient l'hégémonie russe
- il existait une multitude de tensions entre les différentes nationalités (exemples : Arméniens/Azéris, Moldaves/ Gagaouzes, Géorgiens/Ossètes, etc.)
- il existait une relation ambivalente entre les Russes et les nationalités slaves non-russes (les Ukrainiens et les Biéolorusses ) : il s'agit des trois républques à s'être engagées les premières dans la CEI (Communauté des Etats Indépendants - voir plus loin : IV. Désagrégation de l'Union soviétique )
- S'ajoutent à ces tensions les motivations politiques et économiques de l'Etat central.
II. Histoire de la formation de l'Union soviétique
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Le problème posé par les nationalités en URSS ne s'explique que par le long de processus de formation de cet Etat.
A. Des origines de la Russie à 1917
10è-11è s.Etat de Kiev (fondé par les Varègues, c'es-à-dire des
Vikings appelés aussi "Rous") qui regroupe les Slaves de l'est.
- chrétien de rite orthodoxe
- importance des relations nord-sud : relations Baltique-Mer noire (=route commerciale vers Byzance)
- fondation de Novgorod
12è s. déclin de l'Etat de Kiev. L'expansion du servage fait fuir
les paysans vers le Nord-est. Création de villes nouvelles, parmi lesquelles Moscou (1141)
13è s. 1223 : invasion mongole (Khanat de la Horde d'Or).
Les Mongols sont appelés "Tatars" par les Russes.
1240 : destruction de Kiev
Les princes russes deviennent les vassaux des khans tatars
attaques venant de l'ouest :féodaux catholiques suédois, allemands (chevaliers teutoniques qui considèrent les Russes orthodoxes comme des hérétiques L'expansion des chevaliers teutoniques est arrêtée à la bataille du lac Peipus.
14è s. Constitution d'un grand état-polono-lituanien, qui constituera logntemps un obstacle à l'expansion russe
15è s. affaiblissement définitif de la puissance des Tatars.
Puissance grandissante des princes du petit état de Moscou. Le grand-duc Ivan III détruit la ville rivale de Novgorod. Après la chute de Constantinople, Moscou devient la capitale de la Chrétienté orthodoxe.
16è s. Le grand-duc Ivan IV "le Terrible" (1533-1584) est le
premier à porter le titre de Tsar.
- Il lance des offensives contre les Tatars de la Volga : il conquiert Kazan (1554) et Astrakhan (1556) (=territoire de l'actuelle RA de Tatarie). Cette expansion offre à la Russie son premier débouché sur une mer et permet de commercer avec la Perse en passant par la mer Caspienne.
- l'extension du servage (manque de main d'oeuvre), provoque la fuite des paysans vers les marches de l'empire (on les appelle "cosaques" : mot turc qui veut dire "réfugié"), qui s'organisent en "république". Certains groupes de Cosaques deviennent cavaliers/navigateurs. Ils sont tolérés par les Tsars dans la mesure où ils servent l'empire en conquérant de nouvelles terres à l'est. C'est la conquête de la Sibérie : les Cosaques y agissent comme une sorte de trappeurs, suivis par les commerçants, puis par les fonctionnaires et officiers du Tsar.
17è s. nouvelle période d'affaiblissement : les Polonais
attaquent la Russie à l'ouest. Ils occupent même Moscou)
18è s. Redressement de la Russie sous Pierre le Grand (1689-
1725) :
- à l'est il repousse les Kazakhs au delà de l'Oural.
- à l'ouest il fait la guerre contre les Suédois (accès à la Baltique ) et fonde Saint-Pétersbourg (1703), dont il fera sa capitale (1713) : fenêtre sur l'Occident, possibilité de commerce (fourrures)
Remarque : Pour la première fois les Russes s'emparent de territoires peuplés de non-Russes dont l'organisation sociale et économique est plus évoluée que la leur: Scandinaves, Polonais, Allemands des pays baltes, catholiques ou protestants.
Renforcement de la puissance militaire russe.
L'Etat contrôle des territoires de plus en plus vastes : Catherine II étend la domination russe
- en Crimée, jusqu' au rivage de la mer d'Azov, sur des populations tatares. Objectif russe : atteindre la Méditerranée.
- en Biéolorussie et en Lituanie, par les partages du royaume de Pologne (avec la Prusse et l'Autriche). Sauf pendant une brève période sous Napoléon, la Pologne disparaît jusqu'en 1918.
A PARTIR DE CE MOMENT LES TSARS PRATIQUENT UNE POLITIQUE DE RUSSIFICATION, C.A.D. L'INTERDICTION DE PARLER UNE AUTRE LANGUE QUE LE RUSSE EN PUBLIC, L'INTERDICTION D'IMPRIMER EN CARACTERES LATINS, PRIVILEGES ACCORDES A L'EGLISE ORTHODOXE : CETTE POLITIQUE ENTRAINE LE RENFORCEMENT DES SENTIMENTS NATIONAUX.
fin 18è s. - 1917 : L'objectif des Tsars reste d'atteindre des
mers "libres" (c.a.d. libres de glaces l'hiver !) :
- la Méditerranée
- le Golfe Persique
- l'Océna Indien
1° La Méditerranée: La russie aide les peuples slaves des Balkans et encourage leur nationalisme contre les turcs Ottomans. Le Tsar revendique constantinople, en tant que protecteur des chrétiens orthodoxes de l'empire Ottoman. La guerre de Crimée (1853-1856) contre les Turcs est un échec en raison de l'intervention franco-anglaise.
Cet effort se poursuit durant tout le 19è siècle et au début du 20è siècle ("justifié" par la doctrine du panslavisme) : "question des Détroits" c.a.d. le détroit des Dardannelles, contrôlé par les Turcs, qui permet le passage de la mer noire à la Méditerranée.
2° Le Golfe Persique : A la fin du 18è - début du 19è siécle, la Russie s'étend aux dépens de la Perse et de la Turquie : Géorgie, Arménie et AzerbaIl fallut ensuite presqu'un siècle pour conquérir la montagne caucasienne , peuplée de tribus musulmanes (Tchètchènes, Tcherkesses, etc.)
La Russie s'assure aussi le contrôle provisoire du nord de l'Iran (Anglais au sud)
3° L'Océan Indien: conquête plus facile par la cavalerie cosaque habituée à la guerre contre les tribus nomades :
- 1845 -1880 : conquête des tribus kazakhes, de Tachkent, de Boukhara et de la Turkménie. Les Anglais s'inquiètent de voir les Russes se rapprocher de l'Inde : leur conflit larvé se termine par la création d'un état-tampon : le royaume d'Afghanistan (1907)
L'OBJECTIF DES TSARS, C.A.D. S'ASSURER UN ACCES A DES MERS LIBRES N'EST TOUJOURS PAS ATTEINT MAIS A ABOUTI A LA CREATION D'UN IMMENSE EMPIRE COLONIAL
B. De 1917 à nos jours
1° Formation de l'URSS (1917-1922)
Le nouveau régime bolchévique, issu de la révolution, hérite de cet empire et de ses problèmes (nationalités). En 1914, Lénine parlait de "la prison des peuples".
Le 25 avril 1917, le Soviet de Petrograd (//thèses d'avril) se prononce en faveur de l'autonomie nationale et culturelle :déception de la plupart de nationalités, qui attendaient d'avantage de la révolution.
Le 2 novembre 1917, la "Déclaration des droits des peuples de russie" proclame "l'égalité et la souveraineté des peuples de Russie".
VIIè Conférence du Parti.
a) Thèses en présence avant et au début de la révolution
1) Lénine considère la "question nationale" comme un problème temporaire, son but étant la réalisation d'un Etat bolchévique (pouvoir du prolétariat), dans lequel la question nationale n'aurait plus aucun sens. Il adopte une attitude de modération, défendant le droit à l'autodétermination dans le cadre d'un Etat centralisé.
2) Staline (qui est un Géorgien) est partisan dès le départ du point de vue fédéral (celui qui l'emportera par la suite)
Dans les faits :
- droit à la sécession
- autonomie régionale pour les nations qui ne se séparent pas de la Russie
- lois garantissant les droits des minorités
- unité du Parti.
= fédération de républiques égales entre elles (Staline, contrairement à Lénine, est un opportuniste. Il est conscient du danger d'éclatement de l'empire.
3) Les "durs" du Parti : sont opposés à toute concession : le nationalisme est la manifestation des intérêts bourgeois.
b) Désintégration de l'empire (1917-1918)
1) Auto-déterminations "protégées"
- Pologne : en février 1917, aidée par les Allemands
- Finlande : le 18 décembre 1917, les Bolcheviks reconnaissent l'indépendance de la finlande
le 15 janvier 1918, le conseil des Représentants du peuple s'empare du pouvoir, appuyé par l'Armée rouge. Une intervention allemande écrase la révolution.
- Pays baltes : gouvernements nationaux en 1918 sous les Allemands. Après la défaite allemande, installation de gouvernements soviétiques en Estonie et en Lettonie. Ils seront renversés avec l'aide des Britanniques. En Lituanie, révolution soviétique, suivie d'une union avec la Biélorussie. Ce régime s'écroule lors du retrait del'Armée rouge, battue en Pologne.
2) Auto-déterminations éphémères
Les changements succesifs sont déterminés par la situation militaire : défaite russe face aux Allemands (1917), défaite allemande face aux Alliés (1918), défaite des Blancs face aux bolchéviks (1918-1920), défaite des Bolchéviks face aux Polonais (1920)
- Ukraine : devient indépendante suite au traité de Brest-Litovsk (=état "fantoche" reconnu seulement par les empires centraux). Les communistes ukrainiens sont partisans d'un PC ukrainien séparé et d'une insurrection,mais ils doivent se soumettre à Lénine, qui ne veut pas d'ennuis avec les Allemands. (cfr. Traité de Brest-Litovsk)
Défaite allemande : l'Armée rouge entre en Ukraine. Lénine adopte alors une double politique :
- d'une part l'indépendance ukrainienne est respectée
- intervention permanente en ukraine pour prendre le blé. Conséquence : guerre civile, qui débouche sur une annexion de fait de l'Ukraine.
NB : en droit (terme juridique) l'Ukraine est restée indépendante sous le régime soviétique. (ex. siège à l'ONU)
- Biélorussie: dans cette région le sentiment national était peu développé. Le gouvernement "fantoche" créé par les Allemands fait nénamoins progresser le sentiment national.
Le 31 janvier 1919 est proclamée la RS de Biéolorussie.
- Transcaucasie (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan) :
Octobre 1917, le "commissariat caucasien" réalise l'unité de la région.
Mars 1918 : Par le traité de Brest-Litovsk, les Bolchéviques cèdent Kars, Ardahan et Batoum aux turcs. Création de la "République de Transcaucasie" : les Arméniens, les Azéris, les Géorgiens, opposés au traité de Brest-Litovsk, font sécession.
Mai 1918 : Les rivalités nationales resurgissent, et provoquent l'éclatement de la République de Transcaucasie. Les Turcs envahissent l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La Géorgie se place sousla protection des Allemands.
Fin de la guerre : L'Arménie et l'Azerbaïdjan redeviennent indépendants.
1920 : Les soviets, qui ont besoin de matières premières (pétrole, ressources minérales) reconquièrent la région
novembre 1920: l'Arménie appelle elle-même les Soviets à l'aide pour faire face à Kemal Atatürk.
1921: La Géorgie (gouvernement menchévik) est envahie.
3) Auto-déterminations dans le cadre de la Russie
Dans un premier temps les Bolchéviks hésitent sur le type d'auto-détermination qu'il convient d'accorder. Suivant la situation locale, ils font preuve de souplesse et de pragmatisme. Ensuite, ils accorderont une auto-détermination restreinte.
Donnons trois exemples :
- Tatars-Bachkirs :
Mars 1918 : les Blancs, associés aux dirigeants nationaux Bachkirs, détruisent la RS tataro-bachkire.
Novembre 1919 : projet bolchévique d'autonomie très large, y compris une armée, dans le but d'attirer les autres musulmans.
Mai 1920 : Une fois la guerre civile terminée, les Bolchéviks réalisent un projet définitif avec compétences très réduites de la RA ("inférieures aux droits que le Tsarisme en ses pires moments concédait aux minorités", selon un dirigeant bachkir).
- Kirghizes : le territoire kirghize à forte colonisation russe, est le théâtre d'affrontements communautaires très violents entre Kirghizes et Russes. Les Kirghizes réclament une RA kirghize avec interdiction de toute colonisation future. Cette exigence est acceptée par les bolchéviks.
- Turkestan :
1917 :double révolution qui oppose :
-Bolchéviks russes locaux (ouvriers, soldats)
-élites locales
1920 : Purge des communistes locaux (colons russes) et création d'une République autonome du Turkestan pour satisfaire les aspirations de la population locale.
LES BOLCHEVIKS DE MOSCOU IMPOSENT LEUR SOLUTION LA OU ILS SONT EN POSITION DE FORCE ET CEDENT PROVISOIREMENT LA OU ILS SE SENTENT FAIBLES.
c) Reconstitution d'un état soviétique (1918-1922)
Devant la désagrégation de la Russie, les bolchéviks adoptent une première solution institutionnelle :
10 juillet 1918 : 1ère constitution soviétique = système décentralisé à base administrative territoriale (régions ou "oblasts" en russe, qui n'ont pas de rapport avec les nationalités.
1918-1922 : il existe deux possibilités d'intégration :
- républiques ou régions autonomes intégrées à la RFSR
- traités bilatéraux avec des républiques indépendantes, couvrant les questions économiques et militaires . Il s'agit de traités inégaux, qui placent les autres républiques dans un état de dépendance vis à vis de la Russie. En matière de diplomatie, la Russie parle bientôt au nom de tous les autres. Il existe des résistances à cette tendance au sein du PC lui-même (exemples de Sultan Galiev en Asie centrale et du PC géorgien)
1922-23 : Moscou veut imposer d'en haut un projet fédéral à toutes les républiques : tentative de réaction des Géorgiens face au pouvoir central : on les accuse de "fractionnisme"
Lénine, pour ne pas aggraver les relations avec les autres nations, s'oppose au projet très centralisateur de Staline (républiques autonomes intégrées à la RSFSR) et prône une fédération de républiques égales entre elles. Staline cède sur ce point, convaincu que de toute façon, une formulation égalitaire ne changera rien à l'inégalité de fait : la Russie sera la tête de la fédération.
Le 30 décembre 1922, l'URSS naissait du traité qui unissait la RSFSR + la Biélorussie + l'Ukraine + la Transcaucasie.
DANS LE CONFLIT QUI OPPOSE LES COMMUNISTES DU CENTRE (MOSCOU) ET LES PARTIS COMMUNISTES NATIONAUX, C'EST LE CENTRE QUI L'EMPORTE ET IMPOSE UNE FEDERATION.
2° Politique des nationalités de 1922 à 1935
31 janvier 1924 : nouvelle constitution fédérale, très différente de celle de 1918.
Points principaux de cette constitution du point de vue des nationalités :
2 chambres (Soviet de l'Union et Soviet des Nationalités : voir I : b) système fédéral soviétique, 1° organes centraux)
organisation fédérale à 3 niveaux (voir I : b) système fédéral, 2° subdivisions fédérales)
droit à la sécession
Transformations culturelles et sociales dans le cadre de l'URSS
1) But du pouvoir soviétique : créer un "homme nouveau", l'homme socialiste, quelle que soit sa nationalité.
a) transformations juridiques, surtout vis à vis de la communauté musulmane (qui a son droit, ses juges, ses tribunaux) (voir texte). L'efficacité de ces mesures est relative. Emancipation des femmes et des jeunes.
b) Organisation de mouvements de "masse" (théoriquement "spontanés") : de femmes, de jeunesse (ex. femmes musulmanes dévoilées en rue, interdiction des mariages négociés par les familles)
Réticences en Asie centrale sont à l'origine de manifestations publiques contre les femmes voilées et les "superstitions" religieuses.
2) Contenu donné aux "nationalités" par le pouvoir soviétique
"La culture prolétarienne n'abolit pas la culture nationale, elle lui donne un contenu, et inversément la culture nationale... elle lui donne une forme."(Staline)
Pratiquement, techniquement, une politique des nationalités pose de gros problèmes:
a) Parlera-t-on de "nations" ou de "nationalités" ?
unité de - langue (parfois nombreuses ou non écrites)
- territoire (peuples dispersés)
- économie
- culture et traditions
Quel critère choisir ? En fonction de quoi ?
Il n'y a pas de problème pour les grandes nations (ex. Ukraine, Arménie, Géorgie..) mais comment distinguer les autres "nationalités" ?
Le but de Lénine et des Bolchéviks est de simplifier, mais par peur d'oppositions éventuelles, ils travaillent aussi à diviser :
1) quelques exemples de la tendance à diviser :
- Tatars et Bachkirs (= ancien Khanat de Kazan) utilisaient le tatar comme langue culturelle. Par crainte du PANTOURIANISME (=doctrine de l'union de tous les peuples turcs, en vogue depuis le milieu du 19è s.), les Bolchéviks décident de créer une langue bachkire écrite à partir du dialecte bachkir.
- Ouzbeks et Tadjiks employaient le tadjik comme langue littéraire. En Ouzbekistan, il est remplacé par le Turc d'abord, par l'Ouzbek ensuite.
2) quelques exemples de la tendance à simplifier :
- le Daghestancomporte 35 dialectes. Il y aura trois étapes dans les mesures adoptées par les bolchéviks
- emploi de l'Arabe (mais crainte d'un danger musulman)
- emploi du Turc Azeri (mais crainte du pantourianisme)
- finalement choix de 11 langues officielles : c'est la tendance à diviser qui l'emporte. Le but des Bolchéviks est aussi de prouver la validité du système : on concède une identité natinale à des tribus de quelques centaines d'individus du Grand Nord et d'Extrème Orient. Lorsqu'il n'existe pas de langue écrite, on choisit l'alphabet latin et non cyrillique (=russe) pour les langues turques (// Kemal Atatürk). En 1931, 69 langues sont écrites en alphabet latin. Le but final est de neutraliser les différences dans le court terme et de les supprimer dans le long terme.
3° Politique des nationalités de 1935 à 1953-56
Cette période se caractérise par une révision historique qui remet à l'honneur la nationalité russe, y compris sous les Tsars (voir texte). Dans le domaine du cinéma, cette tendance se marque dans les films d'Eisenstein : "Alexandre Nevsky" et "Ivan le Terrible".
Cette période débute alors que les autres problèmes, d'ordre économique, auxquels Staline voulait s'attaquer, sont relativement réglés (collectivisation). Au cours de cette période, le nationalisme était passé à l'arrière-plan.
A partir de 1935 commence le "nettoyage intérieur" par des purges, qui éliminaient non seulement les élites russes, mais aussi les élites nationales, qui avaient cru à "l'indigénéisation" et qui sont dorénavant qualifiés de "nationalistes bourgeois"
Sur le plan juridique et institutionnel ;
la Constitution de 1936 affirme la composition fédérale de l'URSS et le respect du droit des groupes et des individus. En fait, il s'agit de la réalisation du projet initial de Staline (voir plus haut)
Caractères principaux de cette révision :
"Il ne s'agit plus d'une fédération d'égaux, mais du regroupement de nations faibles autour d'une nation forte."
- Cette révision se manifeste dans tous les domaines de la vie publique (politique, culturelle, etc.)
Staline veut procéder à une unification culturelle autour de la Russie.- Les républiques ne sont plus que des courroies de transmission du pouvoir central.
ex. passage généralisé des langues nationales à l'alphabet cyrillique (sauf en Arménie et en Géorgie) : dorénavant tout le monde pourra lire le russe : porte ouverte au bilinguisme.
- 1940-45 : la guerre impose un temps d'arrêt à cette politique de russification, même un certain relâchement au début de la guerre, nécessité par la fragilité militaire de l'URSS (ex. tolérance en matière religieuse) : il faut éviter que certaines nationalités ne collaborent avec les Allemands.
- Dès que la victoire se profile, on assiste à un nouveau durcissement vis à vis des nationalités : le prétexte est fourni par certaines nations qui avaient, ou auraient soit disant, collaboré avec les Allemands (Tchètchènes, Ingouches, Tatars de Crimée, Karatchaï, Balkars, Kalmouks et Allemands de la Volga, déportés préventivement)
Staline en tire la conclusion de la supériorité du peuple russe
3° Politique des nationalités de 1956 à 1985
a) Période Khrouchtchev
Après la mort de Staline, Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline lors du XXè Congrès du PCUS (1956)
1) sur le plan des nationalités, il prône le retour à l'égalit
Guerre du Koweit, 1990-1991
ja:湾岸戦争
La deuxième guerre du Golfe, également appelée guerre du Koweit, est un conflit qui opposa l'Irak à une coalition de 34 États, soutenue par l'Organisation des Nations unies entre 1990 et 1991. La victoire prévisible de la coalition entraîna la libération du Koweit, dont l'invasion en 1990 par les armées irakiennes avait provoqué le déclenchement du conflit.
La coalition utilisa sa suprématie aérienne pour détruire la structure militaire (et aussi largement industrielle) de l'Irak. Ensuite une attaque terrestre limitée à partir de l'Arabie saoudite pulvérisa les forces armées en face d'eux et les pertes de la coalition furent surtout par méprise.
Arabie saoudite
Les causes du conflit
Voir l'article détaillé Chronologie de la Guerre du Koweït (1990-1991)
Pour faire la guerre Iran-Irak ce dernier pays avait beaucoup emprunté notamment à son petit voisin. Ne comprenant pas que l'implosion de l'Union Soviétique changeait la situation mondiale et que les occidentaux ne laisserait pas perdre leur contrôle sur le Koweït, Saddam attaqua.
Le déroulement
Saddam
Saddam
On peut distinguer 4 phases :
- L'invasion du Koweït par l'Irak à l'été 1990;
- Les préparatifs militaires alliés au cours de l'automne 1990 (opération Desert Shield, Bouclier du désert);
- La guerre proprement dite (opération Desert Storm, Tempête du désert), en 2 parties :
- préparation aérienne (16 janvier-février 1991)
- offensive des 100 heures (fin février 1991)
- L'après-guerre : printemps 1991, massacre des kurdes et des chiites que la coalition avait incité à se révolter contre Saddam.
Les conséquences
Les pertes
Le "brouillard de guerre" rend les estimations des pertes humaines irakiennes très approximative.
Pertes militaires irakiennes
- 100 000 morts selon la Coalition, 20 000 morts et 60 000 blessés selon l'Irak, entre 3 000 et 5 000 morts et entre 8 000 et 15 000 blessés selon plusieurs experts. 175 000 prisonniers annoncés à la fin du conflit, chiffre réévalué à 86 000 dont 2 500 blessés.
- 139 avions (plus 114 réfugiés en Iran), 8 hélicoptères, 74 bateaux, 2 089 chars, 856 véhicules de transport, 2 140 piéces d'artillerie.
Pertes militaires alliées
Au total, dans toute l'opération "Desert Storm", les pertes alliées au combat comprenaient 240 morts et 776 blessés, qu'il convient d'additionner avec les 138 soldats tués et 2978 blessés hors combat, dans divers accidents, depuis "Desert Shield" ; 41 militaires alliés étaient par ailleurs prisonniers des Irakiens.
- États-Unis : 148 morts, 458 blessés, 60 avions (34 abattus, 26 accidentés), 15 hélicoptères, 18 char M1 Abrams et deux navires (USS Tripoli et USS Princeton) mis hors de combat par des mines.
- Royaume-Uni : 6 morts, 6 blessés, 7 avions.
- Arabie Saoudite : 18 morts, 20 blessés, 2 avions.
- Contingents Arabes : 13 morts, 43 blessés.
- France : 2 morts, 27 blessés.
- Italie : 1 avion.
- Sénégal : 8 blessés.
Pertes civiles
- Irak : aucun chiffre officiel. 50 000 à 130 000 morts dont 30 000 dans la guerre civile après le cessez-le-feu
- Koweït : 1 082 morts durant le conflit, 625 disparus, 400 tués par engins explosifs en 1991 (durée estimé pour un déminage total : 20 ans), milliers de blessés.
- Jordanie : 14 morts, 26 blessés
- Israël : 2 morts, 304 blessés
- Arabie Saoudite : 2 morts, 76 blessés
A noter que l'utilisation d'uranium appauvri par la Coalition porte à polémique sur la santé des militaires des 2 camps et de la population locale.
Coût du conflit
Les pertes économiques, les dépenses militaires et les conséquences écologiques de ce conflit relativement court mais de haute intensité sont énormes.
Coût financier
- Irak : 500 milliards de dollar de destructions pour faits de guerre depuis 1980 en incluant la guerre Iran-Irak (300 milliards de destructions militaires et 200 de destructions civiles), plus 200 de réparations dues a l'Iran et au Koweit. La dette concernant les fournisseurs étrangers dépassant les 50 milliards à été effacée en grande partie après la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.
- Koweit : 20 milliards de $ de destructions.
- États-Unis : 61,1 milliards de dollar de dépenses militaires, dont 43,1 furent remboursé par des pays alliées (Arabie Saoudite : 16,8; Koweit : 11,1; Japon : 9,4; Allemagne : 6,6; Émirats : 4; Corée du Sud : 0,17; autres états : 0,02)
- Arabie Saoudite : 60 milliards de dépenses militaires et d'aides économique.
- France : 1,2 milliard de $ de dépenses militaires, plus pertes des exportations en Irak estimé à 3 milliards.
- Royaume-Uni : 1,23 milliard de $ de dépenses militaires, 1,7 milliard de pertes économiques.
- Turquie : 7 milliards de $ pertes économiques, 2,4 milliards d'aide de la part de l'Arabie Saoudite, du Koweit, de l'Allemange de la CEE.
- Jordanie : 3 à 4 milliards de pertes économiques
- L'ensemble des nations arabes a estimé au total les pertes financières à 800 milliards de $.
Coût écologique
En plus des destructions dues à tout conflit militaire et de la polémique sur l'uranium appauvri, il y eu un désastre écologique régional dû à la l'incendie de 732 puits de pétroles Koweitiens par les forces Irakiennes qui voulaient ainsi obscursir le ciel et géner l'activité aérienne de la Coalition.
Sur le quart sud du Koweit, une fumée noire s'éleva à 600 mètres du sol. La visibilité fut réduite de 25 à 4 kms dans la région et il y eu une chute de la température jusqu'a - 10°C. Les conditions météo furent modifiées jusqu'a 500 kms à la ronde. Des traces de fumée furent retrouvées sur l'Himalaya. Le dernier puit fut éteint le 6 novembre 1991.
Une marée noire due à l'ouverture volontaire d'un terminal par l'Irak le 21 janvier 1991 fit que 100 000 tonnes de pétrole brut se répandirent dans le Golfe Persique et polluèrent les côtes Koweitiennes, Saoudiennes et Iraniennes. Un bombardement méné par des F-111 de l'USAF pour limiter l'écoulement du brut et incendier le pétrole ainsi que les mesures prises telles des barages flottant ont limité les dégâts.
Voir aussi
- Numérotation des guerres du Golfe
- Uranium appauvri
Liens externes
- [http://guerredugolfe.free.fr/ Site sur la Guerre du Koweït]
- [http://www.tempetedudesert.com/sommaire.html Livre à télécharger sur l'opération tempéte du desert]
Bibliographie
- Celui qui s’est échappé (The One that Got Away), Chris Ryan, Editions Movie Planet, 1994, ISBN 2-915243-01-8
- Guerre du Golfe : La sale guerre propre, Christine Abdelkrim-Delanne, Cherche Midi, 2001, Cherche Midi, ISBN 2862748277
- Guerre du Golfe, vérité sur un conflit, Commission de la défense nationale et des forces armées, 2001, ISBN 2-11-115054-1
- Jarhead, A. Swofford, Calmann-Levy, 2006, ISBN 2702134556
Koweït (1990-1991), guerre du
Yougoslavie ja:ユーゴスラビア zh-cn:南斯拉夫
-
right
La Yougoslavie était un Etat d'Europe du sud-est qui a correspondu à deux réalités : de 1918 à 1991 (avec une interruption durant la seconde guerre mondiale), puis de 1992 à sa disparition officielle, le 4 février 2003.
Histoire de la Yougoslavie
Création
La première Yougoslavie est créée en 1918 sous le nom de Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Le pays était constitué par le regroupement de plusieurs territoires :
- le royaume de Serbie (précédemment indépendant)
- le royaume de Monténégro (précédemment indépendant)
- la Voïvodine (précédemment hongroise)
- le territoire de Bosnie-et-Herzegovine (précédemment austro-hongrois)
- le royaume triunitaire de Croatie - Slavonie - Dalmatie (précédemment austro-hongrois pour l'essentiel)
Évolution politique
Le pays connaît d'abord un régime de monarchie constitutionnelle mais des tensions interviennent rapidement. Dès 1920, le roi Alexandre I juge utile de dissoudre le Parti communiste. Quelques années plus tard, un député est assassiné en plein parlement par un collègue. Le roi décide alors en 1929 de mettre fin à la constitution et de rebaptiser le pays « Royaume de Yougoslavie ». Il gouverne alors en monarque absolu. Le régime semble malgré tout convenir à la population. Le roi Alexandre I est assassiné à Marseille en 1934, regretté de ses sujets. Pierre II (Petar II Karadjordjević) lui succède sous la régence de Paul Karageorgevitch.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Yougoslavie reste neutre jusqu'en 1941. Cette année-là, désirant venir en aide à l'armée italienne en difficulté en Grèce, l'Allemagne demande un droit de passage pour ses troupes. Tandis que le régent souhaite accepter, le roi, sous l'influence de quelques officiers, met fin à la régence. Cette décision entraîne l'invasion du pays par l'Allemagne. Le roi s'exile rapidement et le pays capitule. Pendant l'occupation allemande, les Croates créent à l'est un État inféodé à l'Allemagne. La résistance communiste se développe sous la direction de Josip Broz dit Tito, tandis qu'une autre resistance, moins bien organisée mais efficace, s'organise autour de Draza Mihajlovic, un royaliste, surnommé le "général des balkans". Tito libère le pays et renverse la monarchie. La Yougoslavie devient un État communiste établi le 29 novembre 1943 à Jajce avec Tito pour président.Tito met au point progressivement un système socio-économique: "l'Autogestion", les entreprises sont gérées par ceux qui y travaillent. Et à la différence des autres pays communistes d'Europe centrale et orientale, la Yougoslavie choisit une voie indépendante de l'URSS et n'adhéra pas au pacte de Varsovie. Cela était possible car le pays s'était libéré seul de l'occupation nazie, sans l'aide directe de l'Armée rouge.
La république socialiste de Yougoslavie était un État fédéral composé de six républiques :
- Bosnie-Herzégovine (capitale Sarajevo)
- Croatie (capitable Zagreb)
- Macédoine (capitale Skopje)
- Monténégro (capitale Titograd, redevenue aujourd'hui Podgorica)
- Serbie (capitale Belgrade)
- Slovénie (capitale Ljubljana)
La république de Serbie comprenait en outre deux régions autonomes (Kosovo et Voïvodine)
Voir aussi Liste des princes et rois de Serbie.
Dislocation de la Yougoslavie
Voir article détaillé Guerre en ex-yougoslavie.
Après la mort de Tito en 1980, la tension entre les différents peuples grandit et les tensions se font jour, avec la montée du nationalisme dans les différentes républiques fédérées. Le 25 juin 1991, la Slovénie et la Croatie ont déclaré leur indépendance, mais dans les frontières définies au temps de Tito. Or ce dernier, qui était d'origine croate, avait inclu des territoires intégralement serbes en Bosnie et Croatie, de façon à réduire l'importance de la Serbie, jugée trop puissante par certaines nations minoritaires. Cela n'avait pas eu trop d'importance au temps de la Fédération qui a apporté cinquante années de paix à la région : les Serbes rattachés à la Bosnie et à la Croatie s'y sentaient en sécurité. Cependant, les Serbes de ces nouveaux États ont eux aussi réclamé le droit à disposer d'eux-mêmes, que les Croates et les Bosniaques leur refusèrent. L'armée fédérale, essentiellement composée de Serbes et de Monténégrins, est alors intervenue contre les deux républiques sécessionistes et de violents affrontements s'ensuivirent. La Communauté européenne et l'ONU tentaient de pacifier la situation en dépêchant des Casques bleus. Des Serbes minoritaires se sont soulevés et ont envahi des enclaves serbes. Fin 1991, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine ont à leur tour proclamé leur indépendance.
La présence d'importantes minorités ethniques dans les divers pays (régions serbes en Croatie et Bosnie, Croates en Bosnie, Albanais en Serbie (Kosovo) et en Macédoine, Hongrois en Serbie (Voïvodine)), a entraîné une succession de guerres sanglantes (en Croatie, en Bosnie et au Kosovo), par lesquelles les nationalistes serbes ont cherché à maintenir leur contrôle sur tout le territoire.
L'ex-Yougoslavie a alors connu plusieurs années de guerre, marquées par des épisodes particulièrement violents : crimes de guerres, massacres, création de camps de concentration, déplacement forcés de populations, toutes les parties utilisant pour cela à divers degrés des méthodes de « purification ethnique », massacres et crimes contre l'humanité pour tenter d'obtenir l'indépendance de régions ethniquement homogènes.
Les forces de l'Alliance Atlantique (OTAN) sont alors intervenues pour empêcher la sécession des régions serbes de Croatie et de Bosnie. La situation s'est finalement calmée grâce à l'ONU. Les différentes républiques ont été reconnues comme autant d'États indépendants, et une solution ( provisoire ) a été trouvée pour l'organisation de la Bosnie-Herzégovine.
Bosnie-Herzégovine
L'ONU, ainsi que de nombreux pays individuellement, refusèrent dans un premier temps de reconnaître la fédération de la Serbie et du Monténégro comme le successeur de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, bien qu'ils la reconnussent en tant qu'État indépendant. La situation a été résolue avec l'admission de la République fédérale de Yougoslavie aux Nations-Unies en 2000. Dans son dernier état, la Yougoslavie ne comprenait plus que les seules républiques de Serbie et du Monténégro, le statut du Kosovo demeurant incertain.
En 2002, la Serbie et le Monténégro parviennent à un nouvel accord portant sur leur coopération future, comportant, entre autres changements, la fin de la Yougoslavie. Le 4 février 2003, le parlement fédéral de Yougoslavie dissout le pays et accepte la création d'une fédération limitée des deux États restants. La nouvelle union des deux États est appelée Serbie-et-Monténégro.
Domaine Internet : YU
Capitale : Belgrade
Population : 10 677 290 habitants (en 2001)
Géographie et géologie de l'espace yougoslave
Le karst dans l'espace ex-yougoslave
voir aussi Karstologie
Le karst est un phénomène géologique spécifique qui provoque un mode de vie original. L'espace yougoslave a une zone de karst très étendue, avec tous les stades d'évolution. C'est le pays « classique » du Karst pour les géologues.
Les zones karstiques
- Le karst dinarique : il est orienté N-O vers S-E et s'étale sur 700 km, avec une largeur d'environ 80/90 km. Sa surface est de 56000 km², soit 22% de l'espace yougoslave, et il est occupé par seulement 12% la population.
- Dans les Alpes Juliennes
- Zagreb : montagne de Samobor
- Bosnie centrale
- Bosnie orientale : vallée de la Drina
- Montenegro : montagne de l'Orjen
- Serbie : Sandjak, Serbie orientale, Macédoine.
Phénomènes liés au karst
#Les vallées suspendues : les petits ruisseaux et les rivières n'ont pas le même rythme d'enfoncement, et cela crée des cascades. Difficultés de circulation.
#La roche soluble : l'eau de pluie contient du gaz carbonique qui dissout le calcaire, ce qui provoquent des phénomènes annexes : l'eau élargit les diaclases progressivement, créant des fissures à la surface de plusieurs centimètres. Ce sont le lapiez ou chkrapa. Lorsque le lapiez s'effondre, des blocs de roches s'entassent les uns sur les autres.
#Les dolines : ou vrtatcha. Le calcaire contient un peu d'argile, qui se dépose au fond. L'eau ronge sur les côtés, créant des dolines très rondes, qui peuvent atteindre des dizaines voire des centaines de mètres de diamètre.
Les territoires karstiques représentent 30% de l'espace yougoslave. C'est un phénomène lié à la roche calcaire : 1000 m de sédiments quasi purs. Le calcaire dinarique se poursuit jusqu'en dessous du niveau de la mer. Cette roche dure et perméable est parcourue de fissures microscopiques, les diaclases, dans lesquelles l'eau s'infiltre. La roche l'absorbe, il y a peu de ruissellement dans les zones de karst. Cependant, des rivières la traversent, comme la Neretva, la Krka Ces rivières ne collectent pas d'eau dans le Karst. Elles en perdent une partie et ont tendance à creuser des canyons dans le calcaire, ce qui crée des parois abruptes.
Uvala
De forme irrégulière, elle peut faire des kilomètres de large. Parfois, l'argile est balayée par le vent, il se crée alors une doline secondaire au fond de l'uvala. Le sol argileux est fertile, certaines uvala sont habitées. Il existe un problème d'eau.
Le polje Karstique
Il peut être le résultat de la jonction de plusieurs uvala, mais en général il est d'origine tectonique. Tous les polje de karst dinarique sont dans la même direction (plissement du relief). Tous les polje ne sont pas karstiques.
L'uvala est sèche, alors que le polje est traversé par un cours d'eau. En général, leur période d'inondation varie entre quelques jours et quelques mois.
Des travaux d'aménagement ont été effectués pour agrandir le Ponor. Son inondation bloque l'agriculture. La phase de Blato (gadoue) qui suit l'inondation peut durer plusieurs semaines. Certains polje sont bien agencés et n'ont pas d'inondation comme le polje de Cetinje.
Données chiffrées
Tchétchénie
La République de Tchétchénie (russe : Чеченская Республика; tchétchène : Noxçiyn Respublika, Noxçiyçö) est une république constitutive de la Fédération de Russie. Située sur le versant nord des montagnes du Caucase et la vallée de Tchétchénie, dans le District fédéral du Sud, sur les marches de l'ancienne Union soviétique et de l'ancien Empire tsariste, elle est limitrophe du district de Stavropol au Nord-Ouest, de la république du Daguestan au Nord-Est et à l'Est, et des républiques d'Ingouchie et d'Ossétie du Nord à l'Ouest, toutes trois des républiques de la Fédération de Russie. Elle a également, le long de la ligne de crête du Caucase, une frontière internationale avec la Géorgie, au Sud.
La région autonome de Tchétchénie a été fondée le 30 novembre 1922 qui s'était transformée le 15 janvier 1934 en la Région autonome de Tchétchénie-Ingouchie, devenue la République autonome le 5 décembre 1936 (selon la nomenclature des entités territoriales soviétiques faisant référence aux différents degrés d'autonomie). Staline démantèle la République en 1944 qui va être restaurée par Khrouchtchev en 1957. En novembre 1991, juste un mois avant la dislocation de l'Union soviétique, la République de Tchétchénie est formée qui se sépare aussitôt de l'Ingouchie.
Peu de temps après, les Tchétchènes déclarent l'indépendance de la République tchétchène d'Ichkérie. Cette indépendance n'était reconnue par aucun État sauf l'Afghanistan des talibans avec lequel l'Ichkérie échangea des ambassades. Deux conflits majeurs armés éclatent entre la Russie (qui utilise l'armée fédérale, les forces spéciales du Ministère de l'intérieur et le service d'espionage du FSB) et les groupes armées tchétchènes en 1994-1995 et en 1999-2000. Selon des sources indépendantistes, ces conflits auraient causé la mort de 200 000 personnes entre 1994 et 2003. (Ces données ne sont pas confirmés par l'organisation Human Right Watch et d'autres sources indépendantes.) En 2001, l'ONG américaine US Holocaust Memorial parlait d'un risque de génocide en Tchétchénie[http://www.ushmm.org/conscience/alert/].
Malgré la fin des hostilités, les forces armées russes en Tchétchènie subissent toujours des actions de guérilla de quelques groupuscules indépendantistes retranchés dans la forêt et les montagnes.
Dans les années 2000, le Centre Fédéral a entrepris un vaste programme de reconstruction de la République et une série des élections ont eu lieu avec un but ultime de restaurer l'ordre constitutionnel en Tchétchénie. La majorité des forces fédérales ont été remplacées par les organes de l'ordre local, et un partage de compétences a été opéré entre la République et Moscou. Le peuple tchétchène a par ailleurs adopté à large majorité la Constitution fédérale russe ce qui rendit toute action de guérilla par essence anti-constitutionnelle et contraire à la volonté du peuple.
Liste des présidents de la République
- Djokhar Doudaïev, 1991-1996: assassiné par un missile téléguidé russe le 24 avril 1996 ; aurait été repéré par la localisation de son téléphone satellitaire, qu'il utilisait juste avant sa mort.
- Aslan Maskhadov, 1997- 2000 : élu lors d'une élection présidentielle contrôlée par l'OSCE en 1997 ; réfugié dans la clandestinité à partir du début de la Deuxième guerre car a soutenu les forces rebelles, il continua à revendiquer sa légitimité de Président face aux autorités pro-russes ; tué le 8 mars 2005, dans des circonstances qui restent encore incertaines.
- Akhmad Kadyrov, 2003-2004, ancien mufti suprême, assassiné par un attentat terroriste lors du défilé en l'honneur de l'anniversaire de la victoire sur le fascisme. Il est élu à la suite d'un scrutin non reconnu par l'OSCE.
- Alou Alkhanov, élu le 29 août 2004 suite à des élections au suffrage universel.
Le nombre et la composition ethnique de la population de la république de Tchétchénie
- Tchétchènes 1 031 647 (93%)
- Russes 40 645 (3,7%), (30% avant la guerre selon le recensement du 1989).
- Ingouchies 2914
- Coumykes 8883
Le nombre total des citoyens de la république de Tchétchénie en 2002 était de 1 103 686 personnes.
Le nombre total des citoyens de la nationalité tchétchène en Fédération de Russie en 2002 est 1 360 253 personnes (en 1989 est 898 999 personnes). (sources : [http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_03.xls], [http://www.perepis2002.ru/ct/doc/TOM_04_01.xls], [http://www.perepis2002.ru/ct/html/TOM_14_24.htm] (recensements russes de 1989 et 2002))
Histoire
Histoire ancienne
L'histoire ancienne du peuple Tchétchène est étroitement liée avec celle des Ingouches avec lesquels ils formaient jadis une peuplade unique de «Vaïnakh» (ce qui veut dire «notre peuple»). Les ancêtres des Vaïnakhs sont des Khourites antiques, eux-mêmes descendants des Choumères.
Aux Ve et VIe siècles, les Montagnards du Caucase du Nord prenaient part aux guerres que menait la Perse contre L'Empire Romain Oriental. C'est à cette époque que l'Empereur Justinien tenta de les christianiser, sans succès. En revanche, les Arabes réussirent à convertir ce peuple à l'Islam au siècle.
Au début du Moyen Âge, sur le territoire de la Tchétchénie actuelle, se forma une union multilingue des peuples nomades et sédentaires, l’Alanie. La peuplade des Nakhs prit rapidement de l’importance au sein de l’Alanie jusqu’à l’invasion des Tatars-Mongols au XIIIe siècle (tout particulièrement les troupes nomades des commandants Djébé et Soubdé de Gengis Khan en 1238) qui ravagèrent ce royaume. Quelques décennies plus tard, les troupes du Khan Batyi parachevèrent la destruction des restes des entités territoriales de cette partie du Caucase. Le développement économique, politique et social des Tchétchènes en fut sensiblement ralenti durant plusieurs siècles.
Sur les décombres de l’Alanie s’érigea progressivement l'Etat musulman de Simsim, à son tour anéanti en 1395 par le grand conquérant venu d’Asie Centrale, Tamerlan (Timour).
Domination impériale russe
Les Cosaques (les colons libres russes) s'installèrent sur la plaine tchétchène au bord des rivières Terek et Sunja (au nord du pays) à partir du . Les Cosaques du Terek, originellement des migrants de la Russie centrale, établis militairement en 1577 dans le Caucase, se mélangèrent petit à petit avec les groupes caucasiens. En 1801, la Géorgie, harcelée par les intrusions dévastatrices des Montagnards, des Turcs et des Perses, intégra volontairement la Russie (après que le Roi géorgien mourant Géorges XII eut signé le Manifeste d'unification). Les Russes, décidés à accélérer leur expansion territoriale vers le Sud-Est, et d'assurer les liaisons avec la Géorgie, décidèrent que le Caucase du Nord entrerait dorénavant dans leur zone d'influence. En 1818, le général Ermolov, pour assurer l'assise militaire de l'Empire Russe dans le Caucase du Nord, y édifia quelques forteresses, dont Grozny ("Terrible" en russe).
Grozny
Dès le début de l’occupation russe, le peuple Tchétchène, réputé pour son caractère montagnard rejetant toute domination externe et notamment chrétienne, mena une résistance féroce contre les forces russes. Les chefs de la lutte de libération nationale, Ouchourma, plus connu sous le nom de Cheïkh Mansour (à la tête des insurrections en 1785-1791), Beïboulat Taïmiev (1819-1830) et surtout le grand chef de guerre Chamil (1834-1859), devinrent vite des figures emblématiques de cette lutte armée qui se solda par un échec sanglant. Paradoxalement, l'opinion progressiste russe de l'époque, cherchant une inspiration volontariste contre l'ostracisme tsariste qui avait suivi la répression des décembristes, fut plutôt impressionnée par la force de caractère des combattants caucasiens, qu'ils comparaient aux paysages majestueux de ces contrées nouvellement découvertes. Les œuvres du poète romantique Mikhaïl Lermontov témoignent de cette fascination.
La farouche résistance des tribus montagnardes ne prit fin qu'avec la reddition, en 1859, du chef musulman Chamil. La Tchétchénie, comme toute région conquise, subit une russification accélérée, les colons russes étant attirés par des terres fertiles des vallées du Caucase du Nord. Les politiques expansionnistes des empires ottoman, britannique et perse sur le Caucase du Nord se heurtèrent au contrôle que la Russie exerçait dorénavant sur toute l'étendue du Caucase, du Nord au Sud.
Voir aussi : Caucase
Époque soviétique
L’avènement du régime bolchevique en Russie en 1917 arrêta momentanément l’expansion russe dans cette région. La frontière entre l'empire ottoman agonisant (puis la nouvelle république de Turquie créé en 1923) et la jeune Union Soviétique se fit sur le Caucase, incluant une petite république soviétique d'Arménie. Tout comme les petits peuples de la région encore présents, la société tchétchène avait encore sa structure féodale, une société sans classes où tout le monde était noble. À la veille de la disparition de l'Empire des Tsars, le pays tchétchène, avec le reste du Nord-Caucase, était « pacifié » et partiellement colonisé par les Russes et les Ukrainiens attirés par le gisement pétrolier de Grozny, et faisait donc partie du Caucase soviétique. Dans le même temps, de nombreux cosaques, qui avaient massivement collaboré avec les troupes de l'Armée Blanche de l'ancien régime, furent expulsés de leur terres caucasiennes, ce qui entraîna une augmentation la proportion de la population autochtone.
En 1922, les Tchétchènes constituèrent la première fois une structure administrative distincte, la Région autonome de Tchétchénie, avec un certain degré d’auto-gouvernance. En 1936, la région de Tchétchénie-Ingouchie fut incorporée dans la République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie (RSSA de Tchétchénie-Ingouchie).
1922
Sous Staline, les Tchétchènes résistèrent à la collectivisation forcée des terres. En 1944, suite aux insurrections dirigées par Magomed Chéripov, collectivement accusés d'avoir collaboré avec les nazis, environ 387 229 Tchétchènes et 91 250 Ingouches (selon les rapports du chef de la police politique Lavrenty Beria) furent déportés en Asie centrale (plus précisément au Kazakhstan et au Kirghizistan). 170 000 d'entre eux n'auraient pas survécu durant ce transfert. Les Tatars de Crimée et d'autres peuples caucasiens (Balkars, Ingouches, etc.) subirent le même sort. Les Russes colonisèrent alors les meilleures terres.
En 1957, à l'initiative de Khrouchtchev qui œuvrait à la déstalinisation de l'URSS, les Tchétchènes et les Ingouches furent autorisés à revenir sur leurs terres, et la «République Socialiste Soviétique Autonome (RSSA) des Tchétchènes-Ingouches» fut rétablie. Toutefois, lorsque les Ingouches revinrent sur leurs terres, ils y découvrirent les Ossètes (d'Ossétie du Nord). En Tchétchénie, la population comptait au début des années 1990 environ 30% de Russes, répartis surtout dans la région pétrolifère de la plaine autour de Grozny.
Peu de temps avant la dislocation de l'Union soviétique en 1991, un mouvement d'indépendance se forma en Tchétchénie, alors que la Russie s'opposait à toute sécession.
Les conflits tchétchènes
Genèse de la guerre
Le général Djohar Doudaev, ancien pilote de chasse de l’Armée soviétique, prit le pouvoir suite à un coup d'état mené le 5 septembre 1991 par un "Comité exécutif du Congrès national tchétchène". Quelques semaines auparavant, cette organisation avait soutenu Eltsine dans sa confrontation avec des putschistes communistes, ce qui lui avait assuré un soutien mesuré de la part de Moscou pendant un certain temps. Le discours démocratique, nationaliste et social de Doudaev devint assez rapidement un éloge de la libération nationale et religieuse doté d'une référence historique forte, ce qui enflamma les masses. L'indépendance fut déclarée le 2 novembre 1991, et Doudaev légitimé Président de la République par le nouveau Parlement. Il devint vite le symbole de la lutte pour l’émancipation visée par les insurrections de Chamil au XIXe siècle. L'Ingouchie se sépara de la Tchétchénie rebelle le 4 juin 1992 en affirmant son attachement au Centre Fédéral. Le 10 juin 1992, les autorités tchétchènes démantelèrent les structures du Ministère de la défense russe sur son territoire et prirent possession de son arsenal militaire. Certains analystes parlent même d'une complicité pécunière des hauts fonctionnaires et généraux russes, sans l'aval desquels une telle quantité d'armes, y compris lourdes, ne se serait jamais retrouvée dans les mains du régime de Doudaev.
Pendant trois années de laxisme de la part du gouvernement central de Eltsin, marquée par des détournements massifs de fonds fédéraux (estimés à 5 milliards de dollars), la Tchétchénie profita de son statut d'indépendance de facto pour former ses propres infrastructures civiles et militaires. Les milices tchétchènes établirent des liens plus ou moins étroits avec des mouvements islamistes extrémistes de Jordanie, d'Arabie Saoudite, d'Afghanistan et d'autres pays. C'est alors que le ton monta entre Moscou et Grozny.
Moscou comprit que les groupements tchétchènes rebelles et extrémistes, échappant à tout contrôle, pratiquant une émulation de la charia (proclamée loi officielle en janvier 1999), des enlèvements d'hommes et le détournement du pétrole, représentaient un important danger pour l'intégrité du territoire russe et pour ses régions limitrophes. Paradoxalement, malgré sa rhétorique de force, la Russie essaya d'acheter la loyauté tchétchène en continuant à verser d'importantes sommes d'argent à la république, entre autres pour payer les retraites, et à expédier du pétrole aux raffineries tchétchènes, et ce jusqu'en automne 1994. Beaucoup de fonds monétaires et pétroliers fédéraux furent ainsi détournés dans le but de financer la lutte armée (achat d'armes, formation de groupements para-militaires, etc.) et pour l'enrichissement personnel des oligarques russes et des hommes d'affaire tchétchènes résidant à Moscou. Un grand nombre de sociétés intermédiares en Russie engrangèrent ainsi plusieurs millions de pétro-dollars dans les eaux troubles entourant ce conflit. (Sources tchétchènes en russe : [http://www.chechnyafree.ru/index.php?lng=rus§ion=historyrus&row=10#chechen_conflict7],[http://www.chechnyafree.ru/index.php?lng=rus§ion=historyrus&row=10#chechen_conflict].
Lire aussi (fr): [http://www.voltairenet.org/article13741.html])
Deux guerres et guérilla actuelle
charia
Suite à différents prétextes, deux guerres sanglantes et destructrices avec le "Centre Fédéral" (Russie) éclatèrent en 1994-1995 et en 1999-2000. L’attaque surprise de l’armée russe en 1994 sous le commandement de Boris Eltsine, le premier président de la Russie post-soviétique, devint, avec plus de 20.000 soldats, la plus grande opération militaire organisée par Moscou depuis son intervention en Afghanistan en 1979.
Eltsin avait besoin de cette guerre fulgurante et victorieuse pour asseoir son autorité et s’assurer une victoire aux élections présidentielles. Mais au lieu d’un blitz victorieux, il a obtenu un bourbier avec d’énormes pertes humaines et matérielles. La première guerre s'avéra un échec militaire et humanitaire pour la Russie et se solda par l'accord de paix de Khassa-Vyourt en août 1996 conduisant à un statu quo laissant à la Tchétchénie (rebaptisée "République Islamique d’Itchkérie") une indépendance de facto en échange d'une promesse du report des pourparlers sur l'indépendence (les négociations furent repoussées jusqu'en 2001) et l’arrêt des opérations d'enlèvements d'hommes. Les cas de nombreuses victimes civiles et d’exactions commises par les militaires ont indisposé l'opinion publique étrangère contre la Russie, ce qui a aggravé la crise de l'autorité présidentielle et de la société russe en général.
Forts de leurs victoire, certains chefs de guerre tchétchènes réclamèrent l’instauration d'un Caucase Islamique destiné à regrouper toutes les républiques voisines et à organiser des opérations armées souvent sous forme d'attaques et d'attentats contre les forces russes dispersées autour de la Tchétchénie. Les éléments les plus radicaux (dirigés par les chefs de guerre Chamil Bassaïev et Salmon Radouyev) commirent alors des attentats terroristes non seulement sur les populations civiles des républiques autonomes et des régions russes limitrophes, mais aussi à Moscou.
Les attentats à Moscou, les exécutions sommaires par décapitation de plusieurs otages, y compris occidentaux, et les intrusions massives des forces tchétchènes au Daghestan voisin en vue d'y provoquer un coup d'état islamiste, déclenchèrent la deuxième guerre en septembre 1999, sous le commandement de Vladimir Poutine qui se solda par un rapide succès et la prise de Grozny par les forces fédérales russes en janvier 2000. Poutine instaure la gouvernance directe de Moscou dans la République.
Poutine
Dès la fin des principales hostilités, la plupart des combattants indépendantistes, profitant de l'amnistie accordée par Poutine, déposèrent leurs armes. Parmi eux, nombreux furent ceux qui rejoignirent les rangs de la milice du nouveau régime pro-fédéral. Les plus entraînés s'enrôlèrent dans le commando du vice-premier ministre actuel, Kadyrov (fils). Cependant, plusieurs dizaines de milliers de combattants rebelles se réfugièrent dans les montagnes et les forêts, d'où ils ont mené jusqu'à présent des opérations de guérilla contre les troupes russes et tchétchènes pro-fédérales. Les réseaux islamistes extrémistes étrangers financent toujours certaines opérations des rebelles, leur permettant de survivre 5 ans après la chute du régime.
Le 8 mars 2005, le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov, fut abattu à Tolstoï-Iourt suite à une «opération spéciale» menée par les forces russes. La mort de Maskhadov a porté un coup dur à la logistique des rebelles. Les attaques contre les forces fédérales prennent de plus en plus un caractère sporadique et moins coordonné ; moins nombreux, les maquis sont aussi visiblement moins entraînés.
Voir aussi : première guerre de Tchétchénie ~ seconde guerre de Tchétchénie
La société traditionnelle tchétchène
Tout au long de leur histoire, et plus particulièrement durant l'ère russe, une proportion non négligeable de Tchétchènes s'est toujours battue contre l'occupation étrangère. L'accent mis sur les valeurs guerrières a donc pour corollaire l'exaltation de la résistance contre le pouvoir central moscovite. La résistance, dans sa dimension historique et mythique, se présente en élément central de la consolidation d'une identité tchétchène. Le discours identitaire se focalise sur les facteurs sociaux qui favorisent cette résistance, qu'il s'agisse de la structure sociale (le système des teips) ou religieuse (l'islam sunnite d'obédience soufie).
Une identité construite sur la résistance
La résistance est perçue à la fois comme une valeur, mais aussi comme une nécessité face à un monde extérieur hostile. La vision tchétchène de l'histoire en termes de lutte perpétuelle implique cette nécessité de défendre en permanence l'identité tchétchène contre les tentatives d'assimilation ou d'éradication (qu'elles soient tsaristes, soviétiques ou russes).
En ce sens, l'hymne nationaliste tchétchène exalte courage, fierté et dignité qui s'incarnent dans la figure du loup:
"La nuit où les loups sont nés,
A l'approche de l'aube, les lions rugissaient.
Nous sommes alors arrivés,
Du fond des âges, dans ce monde hostile.
Depuis, nous ne plaisons à personne,
Mais nous avons conservé notre dignité.
Des siècles durant, nous nous sommes assurés
Par la lutte, la liberté ou la mort.
Et même si les montagnes de pierre
Brûlent dans le feu des batailles
Aucune horde au monde
Ne nous mettra à genoux."
[http://audio.kavkazcenter.com/ Extraits de l'Hymne nationaliste tchétchène]
Symbole tchétchène, le loup est investi de connotations liées à la force. Animal qui s'attaque
à plus fort que lui, représenté sur le drapeau de la république tchétchène d'Itchkérie,
ainsi que sur l'iconographie indépendantiste, il personnifie l'endurance et le courage.
Le système des teïps
Malgré une russification accrue, la société tchétchène a su préserver un élément traditionnel primordial dans son organisation sociale : le teïp. Celui-ci constitue un facteur de régulation sociale et il tenait jadis un rôle important dans l'administration judiciaire. D'une manière générale, le teïp est une organisation clanique basée sur un groupe familial élargi dont les membres sont reliés non seulement par des liens économiques mais également par le sang suivant une lignée patrilinéaire.
Les teïps, dont le nombre est évalué à plus d'une centaine, sont de tailles différentes. Certains proviennent des régions montagneuses alors que d'autres sont le fruit de mélanges interethniques avec des groupes voisins. Ils sont répartis selon neuf grands ensembles appelés toukhoum, qui représentent les neufs tribus de la Tchétchénie d'origine (représentées par les neufs étoiles du drapeau indépendantiste).
Le teïp est caractérisé par un ensemble de droits, de privilèges et d'obligations qui sont les mêmes pour l'ensemble des membres du teïp. Une loi locale, plus connue sous le nom dadat régule tous les aspects de la vie quotidienne, une sorte de code commercial, pénal et civil. Ce droit coutumier est construit sur l'honneur des clans et structure les relations interclaniques.
Ces mécanismes alimentent parfois les divisions au sein de la société tchétchène. Les teïps et les individus sont socialement poussés à rivaliser pour le prestige, compétition s'exprimer la plupart du temps par des tensions générationnelles. Un bon exemple est le compromis que Maskhadov tenta d'atteindre entre les différents teïps. En effet, sous la présidence de Maskhadov, le ministre de la santé Oumar, le ministre de la défense Magomed Khanbiev ainsi que l'ancien muti Akhmad Kadyrov provenaient du même teïp, Benoï, alors que Maskhadov appartenait au teïp Aleroï. Ce recrutement de membres d'autres teïps visait principalement la nécessité de diversification de la réprésentation au sein du gouvernement afin d'éviter les erreurs politiques stratégiques commises par Djohar Doudaev qui ne favorisait que les membres de son propre teïp. Aslan Maskhadov joua la carte du consensus parmi les différents teïps tchétchènes mais ne réussit pas à concilier les intérêts divergeants de chaque teïp.
Le facteur religieux ou l'islam sunnite d'obédience soufie
L'importance du facteur religieux a été rappelé lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka à Moscou, notamment à cause du port du voile par quelques femmes tchétchènes parmi les ravisseurs. Même si plus d'une personne y vit une collusion entre les Tchétchènes et le terrorisme islamiste wahhabiste, une majorité de tchétchènes condamnèrent ce passage à l'acte et soulignèrent le caractère marginal du fondamentalisme islamique dans un pays de tradition essentiellement souffie.
Le soufisme, un courant de l'islam sunnite qui s'est implanté dans le Caucase du Nord-Est au début du XIXe siècle, prône un rapport mystique du fidèle au Très Haut, sans intermédiaire, et s'accomode des coutumes locales. Contrairement au wahhabisme, il préconise le ratachement de chaque fidèle à une vird (branche interne d'une confrérie), portant le nom d'un oustaze (maître spirituel). En Tchétchénie, l'allégence religieuse se situe au niveau de deux confréries souffies: la Naqshbandiyya et la Qadiriya. Ces deux confréries sont formées selon une structure hiérarchique, les adeptes étant subordonés au maître spirituel. Alors que la Naqshbandiyya inpose des prières silencieuses, la Qadiriyya pr | | |